plus que quelques instants avant la magie..

Tout a débuté à la réception d’un livre dans ma boite à lettres. Un livre fraichement sorti de chez l’imprimeur, et dont je n’avais encore jamais entendu parlé. Un livre, que les Éditions Robert Laffont avaient estimé qu’il pourrait me plaire.

 

On ne se connait pas personnellement avec les éditions Robert Laffont mais j’ai eu la sensation de recevoir un cadeau que seule une personne ne pouvant que très bien me connaitre aurait pu me faire. Ce livre, cette lecture, fut à elle seule « une apparition » pour moi.  

 

La première de couverture fut un long mystère, une source de questionnement. 

Je n’y voyais qu’une personne complètement enveloppée, comme réfugiée, derrière des cheveux gris-blanc. Une femme sans visage, peut-être une femme cheveux. Seul un filtre semblait être appliqué à la photo, de quoi cela pouvait-il bien parler ? Est-ce vraiment un livre qui m’était destiné ? Je n’ai même pas encore 30 ans et aucun cheveu blanc… 

Mince Sophie ! Sophie et ses cheveux gris.

Sans doute bien plus jeune dans sa tête, bien plus libre et plus audacieuse que moi. Elle m’a donné une leçon en m'enveloppant à son tour dans ses teintes grisées. En nous dévoilant, comme on s'effeuille, sa nudité capillaire de sa bouleversante écriture.

« Je ne l'ai pas fait pour être naturelle, mais parce que je trouvais ça beau. » a-t-elle dit.

Moi aussi je voulais être une apparition.

Moi aussi je voudrais faire les choses pour aucune autre raison que parce-que "je trouve ça beau".

J’ai pris le processus un peu à l’envers, au lieu de me défaire de ma coloration pour me mettre à nue et laisser mon châtain foncé être ce qu’il est, j’ai costumé mes cheveux d’une nuance variant du bleu lavande au lilas fumé.

 

Le choix de la couleur fut une évidence, mon teint plutôt pâle ne pouvant s'associer qu'avec une couleur froide. Mais au-delà du choix stratégique et esthétique d’une couleur en accord avec ma carnation, le lilas était avant toute chose un choix mûri depuis plusieurs années. Il s'était déjà emparé de moi dans mes photos et dans mes illustrations. Pourquoi ne pourrait-il pas s'emparer de mes cheveux ?

Eugène Delacroix a dit: « La couleur n’a aucun sens pour l’intelligence, mais elle a tous les pouvoir sur la sensibilité. »

Alors j'ai cessé d'essayer de réfléchir et de raisonner de manière intelligente. J’ai préféré me fier à la sensibilité. À ma sensibilité.

Je me suis donc retrouvée, assise sur le fauteuil de chez mon coiffeur, à demander non sans angoisses, la couleur que je m’étais appliquée à chasser des années durant mais qui m'obsède aujourd'hui. Au point de la laisser gagner du terrain. Au point de la hisser sur le sommet de ma tête comme un drapeau symbole d'une émancipation, d'une indépendance, d'un affranchissement mais surtout d'un droit. Un drapeau en berne jusqu’alors, mais qui à la sortie du salon flottait aux vents, invincible, comme pour prôner ce choix égoïste et pourtant naturel qu’est la liberté de faire les choses en fonction de ses propres goûts, de ses propres aspirations plutôt que de faire celles dictées par les médias en tout genre ou par la société. Pas pour paraître plus, mais juste parce qu'on trouve ça beau.

Alors, comme Sophie je suis apparue, un peu à ma manière.
Et je crois que j’ai alors compris. J’ai compris son message, j'ai compris le choix de la photo, sur la couverture. J’ai compris qu’elle ne se cachait pas sur cette photo mais qu'au contraire elle avait cessé de se barricader dans ce que la société attendait d’elle. Elle s’est laissée englober dans ses cheveux gris, dans ses cheveux blancs, dans le beau, dans sa vision, à elle, du beau. Et non par ce que les gens essayent de lui imposer. J’ai les cheveux lilas et vous savez quoi, je trouve ça joli et ça me suffit. Et j’aimerais plus souvent me laisser emporter par le beau. Et vous qu'est-ce que vous trouvez de beau ? 




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